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Dans la physionomie actuelle de la Ducasse d’Ath, un événement retient en haleine toutes les Athoises et tous les Athois.
Il s'agit du combat qui oppose le géant philistin Goliath au petit berger hébreu David, le samedi de la Ducasse après les Vêpres. |
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Le combat de David et Goliath est un récit biblique de l'Ancien Testament. Transformé en saynète, le récit du Livre de Samuel fut fréquemment joué dans le théâtre médiéval et dans les processions religieuses en vue d’édifier le peuple.
Attesté à Ath dès 1487, le jeu-combat est représenté lors de la procession de la fin août en l’honneur de Saint Julien. En 1842 au plus tard, le jeu est reporté du dimanche au samedi.
Aujourd’hui, Ath peut s’enorgueillir d’être la seule ville européenne où un « mystère » biblique médiéval continue d’être mis en scène sans discontinuité ou presque depuis le XVe siècle.
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Le jeu-parti, comme l’appelle encore les anciens, est désormais figuré devant l’Hôtel de Ville. Le parti peut se décomposer en deux éléments : un dialogue et un combat.
Au cours du « combat », l’enfant qui incarne le berger David doit lancer une balle (une balle pelote, une balle d’Ath …) dans l’œil de Goliath, la posture des arbalétriers de Saint-Marguerite.
L’échec du berger n’est nullement un signe de mauvaise augure pour la cité mais en revanche, s’il vainc, le public peut se délecter d’une danse supplémentaire du couple mythique de nos géants sur l’air traditionnel du « Grand Gouyasse ». |
En patois local, le dialogue entre Goliath (par la voix d’un porteur) et David est appelé le bonimée (en français, le boniment). De génération en génération, il s’est transmis de bouche à oreille de porteur. Certains passages en sont par conséquent devenus presque incompréhensibles.
Il est publié pour la première fois par Emmanuel Fourdin en 1869. L’historien Christian Cannuyer a étudié le bonimée à plusieurs reprises.
En 2004, l’artiste Christophe Hespel a mis au jour un texte de Guillaume Salluste du Bartas (2e moitié du XVIe s.) qui a paraphrasé le combat biblique dans un poème intitulé la Seconde Semaine, une vaste fresque poétique et biblique.
Le dialogue de Du Bartas aurait pu servir de modèle à notre bonimée, tellement les similitudes sont flagrantes entre les deux versions.