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Les suggestions de Camille

Camille a effectué un stage de deux semaines à la bibliothèque. Elle en a profité pour partager ses coups de cœur.

"A Suspicious River" de Laura Kasischke, (820-3 KASISCHKE 09.19 A)

Résumé :

Leila a vingt-quatre ans. Elle est réceptionniste au Swan Motel, à Suspicious River, une petite ville tranquille du Michigan. Et pour quelques dollars de plus, elle peut être comprise dans le prix de la chambre. Elle vend son corps sans passion, sans tristesse, sans avidité de l'argent non plus. Sainte et martyre, Leila est au-delà de son propre corps, plus sensible à la matière du monde qu'aux hommes. La clé de sa descente aux enfers gît dans l'enfance, et Leila sait, sans doute, qu'elle rejoue le destin tragique de sa mère, la parabole d'Eros et Thanatos au terme de laquelle, peut-être, elle découvrira qui elle est... 

Mon avis :

Tout le roman est écrit à la première personne du singulier. Ce "je" est celui de Leila, petite vingtaine, réceptionniste au Swan Motel, Michigan (fin fond du).

Elle évoque son quotidien routinier, les passes qu'elle effectue sans conviction ni but particulier, pour des clients de l'hôtel désireux de se faire un petit bout de viande.

Mais le récit de ce présent est entrelacé, à chaque chapitre, par l'évocation de son enfance et de son adolescence :

sa mère, alors âgée de 24 ans, qui trompe son mari avec qui veut et surtout avec son beau-frère, qui finira par la tuer de jalousie ; son premier petit ami dont elle tombera enceinte à 17 ans, comme sa mère ; son avortement ; leur mariage pour sauver les apparences...

Et un jour, arrive le cowboy, celui qui lui fera miroiter un avenir, de l'amour. Juste le mauvais type au mauvais moment.

A suspicious river est un roman dur sur l'acceptation du fatalisme et sur l'éternel recommencement inconscient des schémas familiaux. Pourquoi fait-on comme ses parents? Kasischke n'y apporte aucune réponse. Elle nous met simplement devant le fait accompli, qu'elle renforce par l'interpellation du lecteur.

Nous devenons donc le voyeur de cette ode à la désincarnation.

Ne pas habiter son corps. Etre un esprit dans une enveloppe charnelle. Deux choses bien distinctes. Comme l'amour et la sécurité.

Et l'auteure décrit ce réalisme cru et ce quotidien immuable, avec une prose poétique qui ne fait que renforcer ce sentiment de malaise.

"En souvenir d'André", de Martin Winckler, aux Editions POL (840-3 WIN 03.11 E)

Résumé : 

Le narrateur a été l'un des premiers médecins, dans un pays européen non précisé, à assister les personnes qui demandaient à mourir – clandestinement d'abord, puis plus ouvertement, à mesure qu'une certaine tolérance s'installait et que les lois s'adaptaient à la situation. 

Après avoir maîtrisé les techniques qui permettent aux hommes et aux femmes de quitter la vie sans souffrance et sans angoisse, il a découvert, au gré de son histoire personnelle, que cette assistance technique ne suffisait pas. 

Que l'accompagnement d'une personne qui a décidé de mettre fin à ses jours passe par une démarche personnelle plus profonde. Et que cet accompagnement, d'autres que les médecins peuvent l'assurer.

Au moment où lui-même se retrouve en fin d'évolution d'une maladie mortelle, le narrateur raconte son histoire – et livre pour la première fois son secret – à un interlocuteur invisible et silencieux, choisi pour des raisons qui seront révélées à la toute fin du récit.

Mon avis :

Quel livre fort. Quel livre poignant. Qui donne à réfléchir : quelle la dernière liberté que nous possédons sur nous même, lorsque le corps médical s'acharne à nous maintenir en vie?

Pouvons-nous décider de mourir dignement, quand nous le souhaitons et quand nous sentons le moment venu?

Où est donc passée l'once d'humanité qui doit habiter ces hommes et ces femmes qui sont devenus médecins pour aider son prochain?

Martin Winckler, au-delà d'écrire, est médecin. Profondément humaniste et féministe, il s'interroge très régulièrement sur les valeurs et l'éthique de la médecine moderne, de sa façon de déconsidérer la personne qui ne devient qu'un patient, qu'un sujet ; mais aussi décrit le manque de moyens humains et matériels "offerts" par les hautes instances gouvernementales.

Dans ce petit livre d'à peine 160 pages, l'auteur retrace l'histoire de l'euthanasie, parle du souvenir et du travail de mémoire, mais aussi de la vie, tout simplement.

Un livre à lire. 

"La Bibliothécaire", de Gudule au Livre de Poche jeunesse (ER 8-3 GUD 21.05 B)

Résumé :

Pourquoi la vieille dame qui habite en face de chez Guillaume écrit et lit  tous les soirs ? 

Pourquoi cette dame reste enfermée le jour et la nuit elle reste réveillée ?

Et où se trouve ce fameux grimoire ? Pour la dame, Guillaume va se lancer dans une nouvelle enquête voyage au pays des livres et de l'écriture.

Mon avis :

Avec ce petit roman pour jeunes adolescents, ou grands pré-adolescents, l'auteure nous initie au fantastique. Guillaume plonge littéralement dans les livres. Le voyage que l'on peut faire intellectuellement lorsqu'on lit un livre se fait ici physiquement par l'insertion des personnages dans la littérature et ce d'une manière assez légère et spontanée.

Le héros croise, dans son aventure, Poil de Carotte, Rimbaud, Gavroche ou encore le Petit Prince. Autant de personnages que le lecteur devra croiser durant sa scolarité.

Ce livre est écrit avec justesse, le langage y est simple tout en étant poétique. L'écriture est très rythmée car les dialogues sont nombreux, bien insérés dans le récits et les extraits des ouvrages de référence bien choisis. Le personnage de Doudou, l'ami de Guillaume, dont les paroles comme du rap sonnent et sont souvent très saccadées, les vers de Rimbaud, les chants révolutionnaires font de ce livre un livre à lire mais aussi à écouter, à chanter, à jouer.

Ce livre rend hommage à la lecture plaisir, tout en amorçant une désacralisation de la lecture scolaire.

À lire et à relire.

"Ziyi", scénario de Jean-Luc Cornette et dessins de Jürg, aux Editions Scutella (BDAd COR 14.05 Z)

Résumé :

Ziyi est un petit être étrange. C’est une sorte d’animal, mais il peut être aussi un extra-terrestre. Il ressemble à un renard, à une belette, à un lémurien, à un humanoïde venu d’ailleurs… Il est recouvert de poil et peut galoper à quatre pattes. Il peut également marcher sur les pattes de derrière. Il est anthropomorphique. Il n’a pas de queue, ni d’oreilles. Ses yeux sont très grands et expriment toutes les émotions du monde. C’est un être simple qui réagit sur l’instant. Il n’est pas capable de mauvaise intention.

Mon avis :

Cette bande dessinée muette, et noir et blanc, relate les aventures de Ziyi, une petite chose anthropomorphique, pleine d'espoir et d'envie de liberté. Mais la vie n'est pas un long fleuve tranquille, surtout dans un monde post/pré apocalyptique (oui, je n'arrive toujours pas à me décider)

Une bonne centaines de pages muettes, juste en noir et blanc, qui servent la dystopie avec brio.

À partir de 16 ans.

Retrouvez les suggestions de Camille sur son blog .