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L'histoire du marché

Les origines de la ville d’Ath remontent à la construction de la Tour Burbant par le comte de Hainaut vers 1166. Les historiens Léo Verriest et Jean Dugnoille estiment qu’un marché a dû exister depuis le début de cette ville neuve. Le premier écrit qui en parle est daté du 27 juin 1368 lorsque le duc Aubert de Bavière accorde une franchise aux négociants qui se rendent à Ath le mercredi, qui y font leur négoce le jeudi et qui s’en retournent le vendredi.

Trois autres indices témoignent de l’activité commerciale de la ville neuve. En 1312, des Lombards (prêteurs italiens) sont attestés à Ath. En 1325, la halle aux blés, aux viandes et aux draps est construite sur la Grand Place. Ce bâtiment sera reconstruit en 1482 et 1820. Enfin, en 1360, le marché aux toiles voit le jour; sa notoriété sera renforcée par le duc Philippe le Bon en 1458.

Etabli en 1368, le grand marché est fixé au jeudi. Les vendeurs y viennent du Hainaut entier. Très vite, deux corrélations s’installent entre des lieux d’étalage et une production déterminée. Les grains, viandes et draps s’achètent à la halle. Le poisson a son marché en bordure de Dendre ; une minck y est aussi créée en 1750. Les toiles envahissent une petite placette contiguë au grand marché. Vu l’ampleur du commerce textile, le marché aux toiles se tient, non seulement le jeudi, mais également le lundi et le samedi.

Les règlements de police des XVIIe et XVIIIe siècles apportent un éclairage sur les denrées en vente sur le marché du jeudi. Outre les produits déjà cités, les bourgeois et manants de la ville peuvent y acheter notamment des volailles, du beurre, des œufs, du fromage, des fruits, des cochons, etc. Les emplacements réservés aux marchands sont déterminés par le magistrat.

De la révolution française à la révolution belge, les places aux foires et marchés sont affermées par adjudications publiques pour le terme de trois ans. Le nouveau régime belge conserve le même principe. Chaque marchand a ainsi un abonnement au m² par année.

Le règlement de 1907 rappelle et maintient la corrélation entre l’endroit de la vente et le type de produits commercialisés. Le beurre et les œufs sont vendus sur le marché aux toiles, les poulets et petits animaux sur le marché au lin, les fruits entre le bureau de police et la statue d’E. Defacqz, les légumes dans les rues de Brantignies et du pont Quelin, et enfin, les produits manufacturés et autres sur la grand place. Par décision du conseil communal, le marché aux fruits et légumes est déplacé à la rue E. Cambier en 1913.

Au XXe siècle, des plans mentionnent 286 emplacements sur le marché (grand place et marché aux toiles). En cas de travaux, foire ou ducasse, le marché, dit alors « dispersé », est situé, dans les années 1950, sur le square Saint-Julien et dans les rues du jeu de paulme, du puit caffin, de la Madeleine et du collège. Durant les années 1960-1970, le marché dispersé s’étend depuis le pont de Brantignies jusqu’au monument des partisans rue de la station, le haut de la rue de l’industrie étant réservé aux horticulteurs et marchands de fleurs.

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la taxe communale est perçue sur différents types de marchandises : œufs, beurre, volaille, marchands de volaille, démonstrateurs, fruits et légumes et étalages divers. Des abandons d’emplacements en 1965-1966 laissent apparaître des ambulants originaires d’Anderlecht, Péruwelz, Ellezelles, Baudour, Flobecq, Overboelaere, Bruxelles et Warchin. Des demandes d’emplacements, en 1981-1982, font place à des marchands de Deux Acren, Bruxelles, Kuurne, Ninove, Basècles, Molembeck Saint Jean, Waterloo, Bredene, Izegem, Oosterzele ou Courtrai.

En 1947, il est rappelé quelques principes à propos des marchés. La perception est effectuée par la police. Les places sont adjugées quatre fois l’an. En 1968, il est constaté que des non abonnés échappent à la perception et il est signalé que les emplacements libres sont loués « à la semaine ». Lors des demandes d’emplacements en 1980-1982, les ambulants reçoivent clairement les informations suivantes. Le marché se tient le jeudi de 8 h à 12 h 30.  Chaque place est adjugée une fois par an et renouvelée par tacite reconduction. L’adjudication des places libres a lieu le dernier jeudi de juin. Les lots non adjugés peuvent être loués chaque jeudi au commerçant qui se présente le premier au « placier ».

Au regard de cette brève présentation, certaines tendances se pérennisent sur la longue durée.  Depuis 637 ans, le marché est fixé au jeudi. Probablement depuis le XIVe siècle également, les marchands sont regroupés physiquement selon les produits commercialisés.  Au moins à partir du début du XIXe siècle, les emplacements sont soumis à adjudication et les places demeurées libres sont louées « à la semaine ».