Information du SPW : Risque de cyanobactéries dans l'eau
À la suite de la Cellule d’expertise régionale consacrée à la sécheresse en cours en Wallonie qui s’est tenue ce jeudi 13 août, le Service public de Wallonie souhaite vous informer du risque de prolifération de cyanobactéries dans les cours d’eaux et autres zones humides naturelles.
Les conditions météorologiques actuelles avec la combinaison de fortes chaleurs et l’absence de précipitations sont en effet favorables au développement de cyanobactéries, aussi appelées « algues bleues ». Ces dernières se présentent généralement à la surface de l’eau sous la forme d’amas flottants ou de tapis gluants, de couleur bleue, verte, brune ou rouge. Elles sont parfois accompagnées d’une odeur désagréable. Ces bactéries prolifèrent particulièrement dans les eaux peu profondes, tièdes, calmes et riches en nutriments mais peuvent néanmoins être présentes dans les eaux claires et courantes. Certaines espèces peuvent développer des toxines dangereuses pour l’homme et les animaux. Chez les humains, les troubles liés au contact, à l’ingestion ou à l’inhalation de ces substances sont variables allant d’irritations de la peau, à des maux de tête, nausées, gastro entérites aigües, voire atteintes neurologiques. Chez les animaux, ces eaux contaminées peuvent être mortelles : ne laissez pas votre chien boire une eau colorée, couverte d’écume ou de mousse.
Ce risque sanitaire est toutefois évolutif et peut diminuer rapidement lorsque les conditions deviennent moins favorables à la prolifération des cyanobactéries. Des précipitations peuvent contribuer à réduire fortement ce risque en abaissant la température de l’eau, en augmentant le débit des cours d’eau, en améliorant le brassage et l’oxygénation de l’eau. Cette amélioration dépend toutefois de l’intensité et de la durée des pluies, de la configuration locale du cours d’eau ou du plan d’eau, ainsi que du maintien éventuel d’apports en nutriments. Les recommandations de prudence restent donc d’application tant que la présence de cyanobactéries ou d’écume suspecte est observée.
Aussi, les principales recommandations à suivre pour la santé sont les suivantes :
- Se baigner uniquement dans les zones de baignades officielles autorisées ;
- Ne pas se baigner dans une eau colorée suspecte ;
- Ne jamais se baigner dans une eau couverte d’écume ou de mousse ;
- Éviter tout contact avec l’eau y compris pour les animaux domestiques ;
- Ne pas boire l’eau, même bouillie ;
- Contacter les services de secours en cas de suspicion d’intoxication.
Les zones de baignades officielles font l’objet d’un contrôle de qualité des eaux qui comprend notamment une surveillance visuelle des proliférations de cyanobactéries ainsi que des analyses permettant de rechercher certaines toxines. Les prélèvements et analyses sont réalisés par l'Institut Scientifique de Service Public (ISSeP) pour le compte du Service public de Wallonie. Ces prélèvements sont effectués selon une fréquence bimensuelle avant l’ouverture de la saison balnéaire (qui débute le 15 mai). Ensuite et jusqu’à la fin de la saison balnéaire (le 30 septembre), la fréquence des contrôles est renforcée dans les zones identifiées comme étant plus sujettes aux pollutions. Pour ces zones de baignade officielles, les citoyens peuvent consulter le site Baignade - L'Environnement en Wallonie pour vérifier si la baignade est autorisée ou interdite.
Quant aux zones aquatiques non reprises dans la liste des zones de baignades officielles (voies hydrauliques, plans d’eau de barrages-réservoirs, cours d’eau non navigables), elles ne font généralement pas l'objet d'un suivi sanitaire systématique de la qualité microbiologique ou de la présence de cyanobactéries. Par conséquent, l'absence de signalement ou d'interdiction ne constitue pas une garantie de qualité sanitaire de l'eau. Le risque d’intoxications ou de maladies pour les personnes (et les animaux) est donc plus important.
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